[1563]
DE LA VILLE DE PARIS.
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CCCVI. — [Arrêt du Parlement touchant les pièces d'artillerye
ENTERRÉES AU CHASTEAU DE ClHILLY.]
27 février 1563. (Z 6826, fol. 59 r°.) •
Extraict des Registres de Parlement.
"Veue par la Court la requeste à elle presentée par les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris, contenant qu'ilz auroient esté adver-tiz que, au jour d'huy, du chastel de Chailly t1', appartenant au sieur de Longjumeau, y avoit quan­tité de piece d'artillerye cachée en terre, et de faict, le dix septiesme de ce mois, avoir esté trouvée aud. jardain cinq pieces de campaigne et quatre harque-buttes à croq enterrées et cachées, lesquelles au­roient esté admenées en l'Hostel de lad. Ville aux frais et despens des supplians, requerant lesd, pieces d'artillerie leur estre confisquée, les conclusions du procureur general du Roy ce consentant, certaine requeste non signée presentée aud. Prevost des Mar­chans soubz le nom des manans et habitans de
Monthlery pretendans lesd, pieces d'artillerye ieur appartenir et leur avoir esté ostées par les ennemys, avec leur attestation receu par deux notaires en la prevosté dud. Montlhery, y attachée, et tout consi­deré, lad. Court, sans s'arrester à lad. requeste, a de­claré etdeclare lesd, cinq pieces de campaigne et quatre harquebuttes à créq acquises au Roy, demoureront neantmoings es mains desd, supplians pour servir àla garde de ceste Ville, en ce comprins les pieces qui seront trouvées avoir appartenu à feu me Gilles Le Maistre (2>, en son vivant conseiller du Roy ct pre­mier president en icelle Court, et avoir esté prinses en sa maison à Sainct Chert, lesquelles seront ren­dues à ses heritiers.
"Faict en Parlement, le vingt septiesme jour dc Febvrier, l'an mil cinq cens soixante deux'3'."
Ainsi signé : Du Thillet.
CCCVII. — Lettres de la Royne Mere touchant la mort de mons1" de Guise.
2 mars i563. (Fol. 171 v°.)
Le deuxiesme jour de Mars, l'an vclxii, ont esté apportés lettres de la Royne Mere du Roy'4', dont la teneur ensuyt :
2 5 février.
"Messieurs, je suis si enuyée et atristée que à grant peyne aye peu me resouldre à vous escripre, pour estre le subject si desplaisant et dommageable au,Roy monsieur mon filz et à moy et à tout son royaume, c'est la perte que nous avons faicte de mon cousin le duc de Guise, sy desloyaument et mal­heureusement meurdry par ung paillard'5', que Dieu comme par miracle a voullu estre lumbé en noz mains depuis le cas commis avecq la vifve et
dilligente poursuicte que j'en ay faict faire,' pour laquelle je n'ay rien voullu espargner, estans, des l'heure que je fus advertye de sa blesseure, venue icy pour le visiter et secourir, n'en estimant pas si triste yssue, que ne vous sera et à tous bons et lo­yaulx subjeclz moings desplaisante. Et toutesfois, puisqu'il a pleu à Dieu adjouster à noz maulx "en­cores ceste visitation, il fault que nous le recevyons selon sa bonne volonté et affection de tant de princes, seigneurs et autres grans et dignes cappitaines que nous avons encores, comme je m'asseure que ne fera la devotion et sincerre vollunté que vous luy avez tousjours demonstrée, ayant, pour tant mieulx con-
'') ll s'agit du chàteau de Chilly-Mazarin (Seine-et-Oise, arrondissement de Corbeil, canton de Longjumeau), résidence somp­tueuse qui appartenait à cette époque à Michel Gaillard, 111° du nom, seigneur de Longjumeau.
'2) Le premier président Gilles Le Maitre était mort en son hôtel de la rue des Mathurins le dimanche 6 décembre, de frayeur, dit-on : en entendant pendant la nuit les allées et venues de3 Parisiens mis en émoi par l'attaque soudaine des huguenots, il crut que les religionnaires venaient l'enlever. (Voir les Mémoires duprince de Condé, p. 69a; de Thou, Histoire univ.-, t. 1, p. 467.)
(3) Cet arrêt, qui se trouve au registre du Conseil, est biffé et cancellé. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1" i6o4, fol. 364 v°.)
(-) Ces missives ne figurent point dans le recueil des Lettres de Catherine de Médicis.
(-) François de Guise fut blessé le 18 février sous les murs d'Orléans d'un coup de pistolet que lui tira par derrière un gentilhomme huguenot nommé Poltrot de Méré; il mourut cinq jours après. (Voir la relation de la blessure et de la mort du duc de Guise dans Cimber et Danjou, Archives curieuses de l'hiitoire de France, t. V, p. 167, ------ I"6 'es documents relatifs à l'assassinat du duc de
Guise, servant de complément à ses Mémoires, coll. Michaud, 1" série, t. VI, p. 5o6, et ccux cités en note dans les Lettres de Catherine de Médicis, t. 1, p. 514.)